Le calvaire des locataires au Cameroun

Lorsque l’on parle des logements sociaux dans l’environnement camerounais, l’on a tôt fait de comprendre que le volet social c’est comme qui dirait, “Juste un mot”. Obtenir un logement dans les camps d’habitation de la Société Immobilière du Cameroun (SIC) n’est pas l’apanage de tous les camerounais. Si déjà les conditions pour avoir accès aux dits Camps sont difficiles autant dire que le citoyen lambda ne se sent pas concerné. Il ne lui reste donc plus que l’option B (en réalité l’option A) : louer chez les particuliers.

Qui peut louer au Cameroun ?

Je sais, ce n’est pas la question à un million de Cfa. Mais il fallait bien la poser pour savoir que dans les faits, tout le monde ne peut pas être locataire au Cameroun. D’expérience et de ma petite enquête que j’ai menée, rares sont les locataires qui n’exercent pas un métier pouvant leur permettre de payer leur bail. En effet, beaucoup de propriétaires qui utilisent leur maison à des fins commerciales, mettent en avant le fait que les personnes voulant louer chez eux doivent avoir une rémunération. Certains bailleurs poussent le vice plus loin en mettant comme clause dans les contrats de bail « Le locataire exerçant le métier de … reconnait que c’est sur la base de son revenu qu’il extrait le paiement de son loyer ». Sinon dans l’ensemble, c’est le propriétaire qui décide de qui peut louer sa maison, et peut de ce faire admettre une avance d’un ou de plusieurs mois selon son bon vouloir.

Locataire dans un environnement précaire

Le taux de chômage au Cameroun aussi élevé qu’il est, les emplois mal-rémunérés, la négligence de l’Etat par rapport aux soucis de logement impactent inéluctablement sur les personnes qui louent leur lieu de résidence. Les agents immobiliers s’accordent pour dire que le nombre de logement existant dans les grandes villes du Cameroun peuvent difficilement satisfaire la demande. Louer dans un environnement malsain, payer des sommes exorbitantes pour des taudis, accepter de louer à bas prix dans les zones marécageuses…J’ai envie de dire bienvenue au Cameroun. Chaque fois que je vois certains fonctionnaires ou employés sortir de leur domicile pour aller travailler, je me demande quel peut être leur rendement. Oui, quel est le rendement d’une personne qui a dormi avec des moustiques parce que habitant PK 14, Oyak ou Bépanda, les coins les plus désaffectés de Douala ?? Quel apport un travailleur sortant de chez lui à Etam Bafia, l’un des quartiers les plus malfamés de Yaoundé peut avoir après avoir fait toutes sortes de galipettes, esquiver les mares d’eaux et les dédales pour parvenir à la route ? Le calvaire des locataires va au-delà de ces simples faits. Les maisons mises en location sont parfois insalubres (accès difficiles, herbes aux alentours, étanchéité des toits, nuisances sonores…Etc), ne permettant pas les conditions de vie adéquate. Ce qui crée des tensions entre le bailleur et son locataire.

La toute puissance des bailleurs face à l’Etat et aux locataires.

De plus en plus les particuliers qui mettent leur maison en location se comportent en hors-la-loi. Biaisant les lois établies en la matière, beaucoup de bailleurs ne savent même pas qu’ils doivent payer une taxe par rapport à cette activité qui est la leur. Ceux qui le savent et qui contournent les règles imposent un manque à gagner criard dans les caisses de l’Etat. Le gouvernement a tenté de juguler le problème en fin d’année passée en mettant la gratuité de la taxe foncière sur pied. Sur cinq bailleurs que j’ai questionnés, UN seul est allé se conformer à la règle. Y’a-t-il des mesures de répressions envisagées pour les réfractaires au règlement ? Je ne le sais pas. Dans notre contexte actuel, le locataire est à la merci du bailleur et ce ne sont pas les lois établies dans ce domaine qui fixent le prix du logement. Eh non ! C’est le bailleur qui décide du prix de son studio moderne ou de son immeuble R+3. Le locataire est un laissé-pour-compte. Nulle part à ma connaissance, un agent de l’Etat venu du cadastre ou un agent des affaires foncières ne vient homologuer les prix de location entre bailleur et locataire. Ce secteur est encore pour moi un vaste chantier à discipliner, et ce ne sont pas les camps SIC qui sortent de terre et dont certains magnats s’accaparent qui y mettront une fin. Une meilleure politique mise en place pourrait pourtant non-seulement alléger les charges fiscales des propriétaires, mais aussi épargner certaines souffrances (logements trop chers, amélioration des conditions de vie, meilleur visage à la ville) pour toutes les parties. Toujours est-il que pour l’heure, le locataire reste coincé entre le marteau de l’Etat et l’enclume du bailleur qui ne font rien pour que son calvaire cesse.

Ce billet est ma contribution dans le cadre de la campagne #LogementsSociauxCmr initiée par les blogueurs Camerounais. Vous aurez le plaisir de lire d’autres billets de la même campagne ici :

http://matango.mondoblog.org/les-logements-sociaux-cameroun-luxe/

http://tdkuich.mondoblog.org/logements-sociaux-cameroun-cest-finalement/-/465

http://ndengue.mondoblog.org/2017/04/21/cameroun-logements-sociaux-business-barons/

https://armellesitchoma.com/2017/04/19/cameroun-miseres-habitants-camps-sic/

http://leblogdesalma.com/?p=126

http://hirodelle325ducamer-net.over-blog.com/2017/04/cameroun-mieux-comprendre-le-logement-social.html

 

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ISD CAMEROUN 25/07/2017 12:04

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Angelilie 23/05/2017 22:25

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